Tiegniery Diarra

TIEGNIERY DIARRA (MALI)

TIEGNIERY DIARRA (MALI)

– Géomancien et tradipraticien Bambara,
– président des thérapeutes de Kolokani.


TIEGNIERY DIARRA
est décédé le 24 novembre 2017


Hommage à Tiegniery par Moudouma :

Cher Tiegniery, Cher Grand Frère,

Tu nous as quittés vendredi dernier pour l’autre monde.

Oh, je ne me fais pas de souci pour toi. Tu as porté haut les couleurs de ta lignée, de ton peuple Bambara et de l’humanité en général. Je suis certain qu’avec ceux qui t’ont précédé sur ce chemin, tes parents, ton Grand Père dont tu as hérité le nom et d’autres encore, les retrouvailles seront joyeuses. Ton chemin vers la lumière, cela fait longtemps que tu le prépares et, même si tout est venu soudainement, je sais que la mort ne t’a pas pris par surprise.

Il est des êtres qui manifestent leur plénitude par le manque qu’ils créent quand ils ne sont plus là. Tu fais partie de ceux-là. Jamais, toi de ce monde, je n’aurais pu imaginer la morsure du manque, maintenant que tu es ailleurs. Ne plus voir ta grande silhouette qui me faisait penser à un arbre majestueux. Ne plus pouvoir, dans ce monde ci, vivre avec toi ces moments de partage, ne plus pouvoir rire avec toi, ne plus pouvoir recevoir cette immense sagesse qui émanait de ton être et qui rendait souvent les mots inutiles, j’ose le dire, c’est une vraie douleur pour moi.

Je voudrais aussi honorer les immenses qualités morales que tu portais avec toi. Ton intégrité et ta loyauté sans faille, ta bienveillance sans nuage et aussi cette simplicité et cette discrétion qui faisaient de toi, l’hôte le plus agréable à accueillir.

Mais évidemment, tout ceci n’aurait pas sa place sur ce site, si tu n’avais pas été un grand Chamane, un Maître de la divination et de la médecine par les plantes. J’étais toujours stupéfait par la justesse de tes prédictions, car tu ne te contentais pas de deviner les réponses, tu prédisais aussi la question et cela tombait toujours juste ! Tu avais coutume de dire que la géomancie dit toujours la vérité. Avec toi, j’ai pu le constater encore et encore.

Une fois la divination effectuée (et un rituel proposé pour que les ancêtres nous ouvrent la voie), tu nous montrais l’autre face de ta connaissance : celle l’herboristerie. Tu étais un fin connaisseur de toute la flore du Mali et tu en avais tiré un attirail de poudres qui apportaient une guérison ou un soulagement pour beaucoup de maux. Tu témoignais aussi, par ta pratique et tes conseils, de l’alliance entre la médecine traditionnelle et la médecine moderne.

Tu as également porté haut la sagesse africaine, non pas celle associée à des images de folklore, mais plutôt cette merveilleuse science des relations qui fait que chacun et chacune a sa place dans ce monde pour interagir de façon éthique, sereine et confiante avec les autres. Mais ce que je voudrais dire aussi, c’est que la place que tu as prise parmi nous dépasse une culture, un continent pour atteindre l’humanité dans sa globalité.

Un proverbe africain très connu nous dit : « Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Tu n’étais pas un vieillard. Tu croquais dans la vie encore à pleines dents, ton récent mariage en atteste. Mais ta bibliothèque était déjà haute, profonde et large.

Quoi qu’il en soit, c’est nous qui aujourd’hui qui devons porter le flambeau. Je reçois aussi ton départ de ce monde comme une responsabilité supplémentaire, celle de continuer la route de sagesse et de bienveillance que tu as tracée, celle de m’approcher encore davantage de ce qui est juste, de ce qui est vrai et de m’éloigner calmement du bruit et du fracas du monde.

Moudouma