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ÉPIDÉMIE de DANSE (tarentelle et Transe) avec Eric Sunfox Marchal et Marie Motais

Marie MOTAIS et Eric Sunfox MARCHAL
vous invitent à partager une grande et folle :

ÉPIDÉMIE de DANSE
Choré-Manie-Dansante

Retrouver toutes les initiatives,  faites vos propositions de rendez-vous pour danser, postez vos vidéos et toutes les infos sur la Grande Danse du 12 Juin d’ ÉPIDÉMIE DE DANSE sur :
http://www.facebook.com/epidemiededanse

Retrouver les autres propositions de Marie MOTAIS
www.allunadanse.com

Retrouver les autres propositions de Eric Sunfox Machal
www.les-forges-de-sylva.info, savitur-tantra.fr, www.eric-marchal.com


RÉSUME DE L’ ÉPIDÉMIE DE DANSE:

1) apprenez les 3 pas de Danse super facile (vidéo à 9m10s)
2) Dansez comme des fous, entraîner vous chez vous, où vous voulez… c’est trop bon (clip à 12m50s)
3) Dansez dans la rue, événements spontanés a créer, à rejoindre à partager (lien Facebook)
4) grande Danse de la St Guy (Épidémie de danse, de transe, de tarentelle) partout le 12 juin à 19h


Remerciements à tous les premiers contaminés qui ont filmé, et nous ont fait parvenir, leurs premières crises de danses de confinés (en attendant que ça empire )

Par ordre de réception des vidéos :
Corinne Defranoux, Elise LeDû-Motais, Bréanne et Moïra, Santiago Sempere, Sophie Carles, Mya et Christelle Feuvrier, Claire Lavaur,sa famille et les voisins, Ayden, Avydan et Lysa, Nina et patrick Buret et l’équipe de l’écolieu Aérium de Peyraube, Basile et Capucine, Sylvain Legrand et Marion Lepennec

Musique : avec nos remerciements
Ludovico Einaudi – TARANTA PROJECT
https://www.youtube.com/watch?v=jtswRJcVI1E


Bienvenu.e.s !

Eric  : Je suis heureux d’être avec mon amie Marie Motais  (Danseuse, Chorégraphe, créatrice de la compagnie citoyenne alluna,  passionnée par l’accompagnement des personnes à travers des rituels contemporains donnant sens à notre vie) : https://www.allunadanse.com/

Marie : et mon ami Eric Marchal (Chaman, Spécialiste des Transes, Tantrika, explorateur de la conscience) : https://www.eric-marchal.com/

•          d’où on parle :
Depuis 30 ans tous les 2, nous vivons, et accompagnons d’autres personnes à travers différentes formes de danses, de transes, de partages collectifs, dans la joie, l’explosion de la vie, le partage, la bienveillance et la prise de soin collective …

•          Invitation :
En ces temps de confinement nous avons à coeur de partager avec vous un magnifique projet à vivre, et auquel nous vous invitons à prendre part…

C’est une proposition dansée très concrète, très simple à apprendre et danser d’ores et déjà ensemble, soit chacun chez soi, en famille, à distance, avec les amis … et à la fin du confinement, et peut-être même lors d’une grande journée générale d’Epidémie de Danse nous pourrons tous aller danser partout où le cœur nous/vous dira de se retrouver …car la joie et le bonheur aussi sont contagieux C’est donc à cette grande épidémie de danse que nous vous convions et nous espérons qu’elle sera excessivement contagieuse !

•        Au sujet de la tarentelle :

Cette Epidémie de Danse que nous souhaitons propager, se passe autour de La Tarantelle. Autour de cette danse du sud de l’Italie. Bien sur ce sera une tarentelle simplifiée afin que tous puisse la danser facilement …

Cette danse folle de transe, cette danse exutoire, cathartique… est traditionnellement une danse qui se partage pour une guérison, c’est prise de soin collective de l’autre, des autres …. Elle se danse encore ainsi aujourd’hui et est également devenue une danse de joie, d’exaltation, de communion avec soi-même, avec les autres et avec ce qui nous dépasse…Elle fait partie de toutes ces danses traditionnelles d’appartenance « qui font sens » …Nous les retrouvons à travers tous ces « grands bals » qui refleurissent un peu partout en France depuis plusieurs années, et aussi bien évidemment à travers les FestNoz en Bretagne ou sont encore dansées toutes les danses de cercle … une en particulier , le jabadao , est bien connue pour être une danse de transe …

•            Maintenant (lien avec la pandémie, le confinement, la fin du confinement) :
C’est d’autant plus important maintenant
Alors en ces temps de pandémie, de confinement, où les forces du printemps, de la vie, de la joie, de la danse, de la transe et du partage ne demandent pas mieux que de se frayer un chemin jusqu’à nous, nous vous convions à répandre avec nous cette « Epidémie de Danse »

 C’est une invitation en 4 étapes :

1.    Apprendre chacun les 4 pas de base de la « Tarentelle ». Quatre pas de base très facile à apprendre. C’est aussi un jeu à faire en famille, avec des enfants turbulents qui ne demanderont pas mieux que de s’agiter de la sorte, tout-en-pleins qu’ils sont de cette belle énergie de vie radieuse, sautillante et non sérieuse. Pour cela nous vous présentons une vidéo très simple et très didactique.

2.    Répéter alors ces 4 pas de base de la Tarentelle, chacun chez soi, dans son espace confiné, jour après jour. Jouer avec ces quelques pas, devenir à l’aise avec eux, les répéter encore jusqu’à plus soif, jusqu’à la lie, jusqu’à ce que quelque chose de beau, de bon, de grand, d’enjoué, d’allègre puisse se produire dans la transe… Quelle belle énergie à vivre aussi dans ce confinement !

Pour cela nous vous invitons à danser par exemple au son des concerts de Antonio Infantino : https://www.youtube.com/watch?v=4PlCC7ibu9k
ou de Ludovico Einaudi : https://www.youtube.com/watch?v=JPoqCCezn0g

Ceux qui sont habitués à répéter des mantras (Japa-Mantra) savent que la plus puissante des répétitions est celle qui continue toute seule « dans la tête » quand on arrête (A-Japa-Japa-Mantra). De là à inventer le terme de « A-Taranta-Tarentella », il n’y a qu’un pas que je franchis allégrement tant cette répétition est euphorisante et donne une énergie qui nous porte encore longtemps après la danse.

4. Et puis Danser tous ensemble dans les rues :
. A partir du début du « déconfinement » …
Envoyez nous vos vidéos d’ « épidémie de danses » folles et joyeuses, de Tarentelles débridées et euphoriques, que nous compilerons et partagerons …très important filmez vous en format « paysage » ! :
(http://www.facebook.com/epidemiededanse)

Une fois libérés du confinement :
L’intention est d’utiliser cette danse pour fêter la joie de sortir « enfin » de chez nous ! comme les «regroupements familiaux/amicaux « sont autorisés jusque 10 personnes …. Vous pouvez vous filmer où bon vous semble … invitez des amis en mode flashmob à une certaine heure sur une place et vous dansez ! dans un grand partage, dans la joie des retrouvailles ; exulter ensemble dans de joyeuses, insensées et prodigieuses farandoles de Tarentelles dans nos rues.

Juste pour se lacher … une petite transe dans les rues , avec les « gestes barrière » mais au moins avec la joie de danser DEHORS et surtout ENSEMBLE !

et vous vous filmez et vous nous envoyez la vidéo !
Et si le dé-confinement le permet nous allons organiser une grande journée nationale , le Vendredi 12 juin,à 19h (Jour de la Saint-Guy, pour le clin d’œil…) … afin de danser TOUS ENSEMBLE , à la même heure partout !nous reviendrons vers vous pour cet événement !

—– quelques mots sur les épidémies de danses (extatique) —–

Nous voila confinés depuis belle lurette. Au mieux, ce temps nous a permis de tourner le regard vers l’intérieur, vers l’introspection, la contemplation, le yoga, la lecture, l’écriture, la méditation… Certains, avec cette halte forcée dans la course du quotidien, trouverons révélations, changement de paradigme, et en profiterons pour prendre de nouvelles orientations.

Les Mystiques de tous temps savent que ces chemins d’intériorisation et d’exploration des mondes intérieurs, ces traversées du désert, ces retraites sur la montagne et dans les grottes, peuvent conduire à l’Enstase (pour reprendre le mot cher à Mirce Eliade). Les pères du désert, les moines Zen, les Lakotas en quête de vision et autres méditants-renonçants en attestent. Quoiqu’il en soit, belle voie possible que ce regard tourné vers l’intérieur.

Pour d’autres, ce tête-à-tête avec soi-même, n’est qu’une errance lente et sans but, où l’on ne croise qu’ennuis et déprimes, … ou pire : occupation, « entertainment », consommation boulimique de nourriture, de médias ou d’épanchements communicationnels.

Dans tous les cas, il est aussi un autre chemin possible, sur des sentiers moins fréquentés !

Avez-vous entendu parler de « l’Épidémie dansante » de 1518 à Strasbourg ? C’est après une épidémie de peste et de malheurs que Frau Troffea se mit à danser avec ferveur dans une rue de Strasbourg pendant six jours. En une semaine, 34 autres personnes s’étaient mises à danser avec elle et, en un mois, elles furent aux alentours de 400 (voir Source Wikipedia). C’est un des épisodes des épidémies de « danses de Saint-Guy » qui émaillent tout le moyen-age. Ces furies de transes et d’hystéries collectives se retrouvent de tous temps, en toutes cultures et n’ont pas toujours étés vue avec le jugement qui est le notre aujourd’hui.

Et si, il y avait un lien, entre l’épidémie de Strasbourg, le Ramaninjana de 1863 à Madagascar, les convulsions du cimetière Saint-Médard, la danse du soleil des Sioux Lakota, les danses tournantes des derviches, les transes chamaniques, et l’appel de certains jeunes pour les raves parties …

Et si, à coté d’un Apollon de la raison solaire, on honorait aussi un dieu comme Dyonisos-Baccus, lui et ses accompagnatrices, les ménades, en de folles Bacchanales et carnavals d’avant le folklore policé…

On pourrait alors reconnaître la force de la Transe pour se relier, s’harmoniser avec une autre forme d’ordre naturel, puissante source de vie jaillissante, qu’on l’appelle « Fougue », « Chaos », « Frénésie », « Bio-Énergie », « Enthousiasme », « Orgone », « Feu », « Kundalini », « Exaltation », « Libido », « Tempête », « Allégresse », « Bouleversement », etc …

Nietzsche pourrait y trouver un Dieu auquel croire puisqu’il saurait danser, tel un Shiva-Nataraj Danseur Cosmique de l’Inde. On pourrait reconnaître que le chemin de guérison, de révélation, peut aussi être tourner vers l’extérieur, pour sortir de soi-même, vers l’Extase. Enstase et Extase n’étant alors que les deux faces possibles d’un même « Ravissement ».

Tout près de nous, ces Danses-Transes-Thérapeutiques collectives étaient encore très vivaces il y a peu, en Italie, pays particulièrement touché par le Covid-19 et le confinement. On dit qu’à l’origine la personne mordue par l’araignée Tarentule s’agitait frénétiquement et, que la danse de la « Tarentelle », jusqu’à épuisement, en était le traitement privilégié. Les musiciens et tout le village étaient alors appelés en soutient dans cette danse folle et salvatrice. Qui mieux que Pina Baush pour nous avertir : « Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus !« 

La dimension symbolique du confinement – Moudouma

Un des rôles du chamane est de faire le lien entre les mondes invisible et visible. Dans cette vidéo, je propose une lecture de la dimension symbolique du confinement afin d’explorer le sens de ce qui nous est donné à vivre.

Sous le Chêne,
Moudouma

Pour plus d’information sur mes rituels, cérémonies et ateliers chamaniques, vous pouvez consulter mon site :
www.lavoieduchene.fr

Coronavirus – Confinement printanier – Connais toi

Coronavirus – Confinement printanier – Connais toi

Eric –Sunfox– Marchal, le 21 mars 2020
les-forges-de-sylva.info
savitur-tantra.fr

Encore un article qui parle du Coronavirus ! Pourquoi ?

Les faits sont là, la réalité de la pandémie, des malades, des morts, des restrictions, du confinement. Rien à dire de plus sur ce sujet ! Ne rien ajouter non plus qui ajoute de la peur, à la peur ! « Primum non nocere » (premièrement ne pas nuire) comme l’ont appris les médecins et pharmaciens qui sont aujourd’hui en première ligne. Ne pas ajouter de fake news, de remèdes de charlatans, de théorie du complot de ceux qui savent mieux que tout le monde, au brouhaha assourdissant. Appliquer le rasoir d’Ockham pour éviter tous délires. Ne pas ajouter un journal de bord insignifiant du petit quotidien à la liste déjà longue, quand il ne s’agit pas d’un journal indécent du quotidien des privilégiés découvrant la vie dans leur villa secondaire avec une autre marque de café. Ne pas faire les comptes, pas encore, des inégalités préexistantes qui sont accentuées, engendrant de plus grandes inégalités encore, des efforts, des risques, des souffrances ou des sacrifices toujours exigés des mêmes… pas encore !

alors un article pour quoi faire ?

Et si, plutôt que de chercher les causes, voire les responsables et les coupables, plutôt que de décrire ce que « ça nous fait », nous cherchions ensemble « ce que l’on peut en faire » ?

Le problème en regardant un tel événement dramatique à l’aulne du grand nombre, des statistiques, des micro trottoirs et des réseaux sociaux, c’est que l’on érige en norme et en modèle la moyenne dépourvue de recul et emportée par son émotion, en un mot, la moyenne pathologique. De même que la médecine et la psychologie se sont construites en étudiant des corps malades et des esprits en souffrance, il existe d’autres chemins qui s’inscrivent dans l’observation et le déploiement possible d’une meilleure santé physique et psychologique, voir d’un développement, d’une expansion de l’être, sur les pas des plus avancés d’entre nous.

Jung n’a rien fait d’autre en s’écartant de Freud pour développer son « Processus d’Individuation », et les sociétés traditionnelles ont toujours eu des maîtres qui proposent un chemin de déploiement, un chemin initiatique.

Nous sommes devant un choix : qui allons nous suivre devant cet événements inévitable ? Les médias, le prêt à penser, les prophètes d’apocalypses, nos peurs et nos instincts grégaires qui nous invitent à allonger les files devant les magasins d’alimentation en France et devant les marchands d’armes aux Etats-Unis, ou bien, les sages, les bienfaiteurs, les philosophes et les maîtres, ceux qui ont quelques pas d’avance sur nous ?

Les faits sont là, bruts, incontestables, à ce jour plus de 10,000 cas confirmés en France, dont 1100 jugés graves et 400 personnes sont mortes. Cela va évoluer, empirer à n’en pas douter, et merci à tous ceux qui travaillent corps et âme pour que ces chiffres restent les plus bas possible. Sans vouloir minimiser le moins du monde la pandémie, je m’adresse principalement maintenant aux 99,99 % de la population qui ne sont concernés que par les mesures de restrictions et de confinements (hors les 1500 cas graves ou mortels pour 67 millions de Français). Ceux qui ont perdu un proche ou qui se battent pour leur survie sont confrontés à tout autre chose, et cet article est bien sûr dérisoire à leurs yeux. Mais pour 99,99 % d’entre nous il ne s’agit, pour l’instant, que de peur pour certains et de confinement pour tous.

Alors quoi ? Alors dans ce cas, nous traversons simplement une Crise. Et qu’est-ce qu’une Crise. Une Crise c’est un moment où l’ancien ne fonctionne plus, et où le nouveau n’est pas encore là. La crise de l’adolescence, où le mode de vie enfantin ne fonctionne plus, et où l’on ne peut pas encore être un adulte autonome et responsable en est un bon exemple.

A l’occasion de la pandémie – Crise planétaire s’il en est ! – nous sommes placés devant deux types de crises. Crise mondiale tout d’abord : sanitaire, manque de masques, capacité des états à répondre aux besoins, coordination internationale et/ou fermeture des frontières. Crise à notre échelle également, nos peurs et le confinement peuvent nous placer devant des crises individuelles. Crise au sein de notre couple, de notre famille, crise d’adolescence aiguë accentuée par la promiscuité avec les parents, crise de la quarantaine, crise de sens face à un travail auquel on a tout donné, crise existentielle devant le temps qui passe trop vite et les priorités jamais priorisées, remise en question de nos choix de vie, dépression, crise de la foi, crise ontologique. La pandémie ne manquera pas, pour bon nombre, d’agir comme un coup d’arrêt, un stop sur nos rythmes quotidiens fous, ce qui ne manquera pas de révéler l’ampleur de la Crise qui couvait et qui n’attendait que cette occasion pour surgir.

Nous sommes habitués en Occident à traiter ce genre de crise à coup d’antidépresseurs et d’antalgiques. C’est parfois utile, et merci à ces médecines d’exister quand c’est nécessaire. Mais ne passe t-on pas alors à coté de quelque chose ? De la possibilité d’apprendre de cette crise. Si la situation insupportable devient supportable, alors rien ne change. Par contre, si la douleur, la souffrance, le mal-être, le ras-le-bol, ne sont pas atténués mais regardés en face, alors ils nous obligent à changer, à inventer d’autres possibles, d’autres chemins, à nous ajuster. C’est sur ce modèle que sont construits les rites de passages et les initiations traditionnelles.

Généralement, les sociétés traditionnelles préparaient et forgeaient les humains en leur faisant traverser des processus initiatiques. Ceux qui n’étaient pas initiés n’étaient pas encore de vrais humains car n’ayant pas été mis dans les situations qui leur permettaient de développer les véritables qualités qui font un humain (et qui sont plus ou moins variable d’une société à l’autre) ! De ce point de vue on pourrait dire que nos sociétés actuelles sont emplies d’adulescents qui ne sont pas encore de vrais humains car ils n’ont pas été initiés. L’initiation permettant, et obligeant parfois, au travers d’épreuves, qui peuvent nous choquer, à sortir de l’insouciance de l’enfance, et enfin regarder le monde en face tel qu’il est, et non plus tel que l’on voudrait qu’il soit. Alors celui qui a passé les épreuves initiatiques peut trouver sa place, place qui à du sens au sein d’un ensemble plus vaste que lui, qui peut être successivement la tribu, la société, la Nature, l’Infini et le Grand Tout (auquel chacun donnera le nom qu’il souhaite).

Ici bien sûr il n’est nullement question d’un culte de l’épreuve, de la douleur et d’une éducation spartiate, mais de la possibilité d’être accompagné tout au long d’un processus qui transforme l’épreuve, la crise, en une occasion de développer de nouvelles compétences, de nouveaux paradigmes. J’aime l’idée de l’écluse qui permet au bateau de s’élever au fur et à mesure que monte le niveau de l’eau. On peut aussi reprendre l’image de Pierre-Yves Albrecht qui fait l’analogie entre un humain pas encore initié et une graine repliée sur elle-même. Juste un potentiel en devenir. Il va falloir une événement, une crise, un retournement, une métanoïa, pour que la graine germe, et donne tige, fleur, fruit, et s’accomplisse pleinement. Peut-être reprendre aussi l’image coutumière de la « Crise », en chrysalide, nécessaire à la chenille pour devenir papillon.

Nous avons la chance, en France, de ne pas avoir connu de Crise majeure nationale, guerre globale, famine, pandémie, …, depuis 75 ans. D’abord nous souvenir que c’est rare dans l’histoire de l’humanité, et se rendre compte de notre chance, et aussi remercier pour cela, car c’est le fruit du travail d’un grand nombre.

Puis, regarder combien ce que l’on croyait acquis est incertain. Nos sociétés modernes sont fragiles, notre civilisation peut être balayée en un rien de temps si la mutation d’un virus devient plus terrible encore. De même notre équilibre personnel, déjà précaire pour certains, dûment acquis pour d’autres, peut être remis en cause soudainement. Soulever le voile de l’illusion de notre invulnérabilité et de notre immuabilité éternelle, tant collectivement qu’individuellement, n’est pas toujours facile, mais peut être une belle étape pour avancer.

On sait depuis Ibn Khaldoun que les grandes civilisations sont inévitablement mortelles, qu’elles se succèdent en cycles, quand ceux qui construisent les merveilles d’une civilisations (sciences, arts, grandeurs d’âmes…) profitent de leurs positions, pour eux et leurs seuls descendants, et s’endorment sur des coussins dorés, perdant toute noblesse et toute solidarité. Ils sont alors chassés, lors d’une guerre, d’une crise, par des plus assoiffés qu’eux, des plus vivants, des plus cohérents, qui prendront leur place avant de tomber dans les mêmes travers… Ainsi de cycle en cycle. Dans « La machine à explorer le temps » , H. G. Wells nous décrit un futur lointain de la Terre peuplée en partie par les Éloïs. Ils sont présentés comme un peuple de privilégiés se prélassant dans sa bêtise décadente. Leurs privilèges ne les ayant préparés à rien, si ce n’est à l’oisiveté, en fait un peuple d’incapables égoïstes peu ragoutants. La crise actuelle, venant renforcer d’autres crises (économique, climatique, de la biodiversité, etc …) agit alors comme révélatrice des inégalités, des dysfonctionnements, des impasses de notre société, qui ne pourront se résoudre qu’en nous obligeant à sortir de l’apathie, et nous dépassant individuellement et collectivement.

Nous voyons qu’au niveau individuel, comme au niveau global, la crise provoquée par le coronavirus nous met face à un choix :

– soit atténuer le symptôme, laisser s’éteindre du mieux possible l’incendie, compter sur la médecine et le temps pour minimiser le nombre de décès, puis remettre un couvercle sur la marmite, les petits bouts de rustine devant tenir jusqu’à la prochaine crise, qui ne manquera pas d’arriver.

– soit prendre la mesure de ce qui n’est plus possible et se lancer dans un véritable processus de transformation.

Dans ce 2eme cas, nous avons la chance que les initiations traditionnelles tout autour de la terre, ainsi que la psychologie des profondeurs, nous aient laissé des modes d’emplois opératoires. Il est donc possible de « profiter » de cette crise pour se mettre en route et passer à l’étape suivante. Et si nous commencions par l’appliquer à nous-même en essayant de cheminer sur cette voie tracée par des plus éminents que nous. Peut-être un chemin possible, parmi d’autres, pour les jours qui nous attendent.

Première étape : le retrait !
Nous y voila obligés. Notre confinement est imposé par décret de loi, mais l’on peut se souvenir que depuis toujours, les sages ont eu leurs traversées du désert, leurs retraits sur la montagne ou dans des grottes. C’est le temps nécessaire pour se couper de l’agitation et de notre quotidien. Le stop qui va permettre l’arrêt, le recul et la remise en question de tout notre petit monde. Pour que cette première étape fonctionne, encore faut-il ne pas passer son temps sur les médias et réseaux sociaux.

Deuxième étape : « connais toi toi-même… ».

C’est le début de la stance inscrite au fronton du Temple de Delphes, et Socrate aussi nous invite, à partir du silence de la première étape, à faire ce travail d’introspection. C’est le moment où l’on commence à ne plus pouvoir nous identifier à notre fonction sociale, surtout si nous sommes confinés et ne pouvons plus exercer notre métier. Je ne suis pas mon métier, pas ma personnalité sociale, pas plus que uniquement le conjoint de…, la conjointe de…, le père de…, la mère de…, la fille de…, le fils de… C.G.Jung rapproche cette étape de celle de la désidentification d’avec notre Persona. Nous ne sommes pas non plus seulement notre corps, nos émotions ou nos pensées. Et si nous continuons à nous interroger de plus en plus profondément sur la question du « qui suis-je réellement ? », nous pourrons peut-être entendre comme en écho une réponse possible de Ramana Maharshi :« Qui pose cette question ? ».

Troisième étape : face à face avec l’ombre.

Si nous avons le courage d’aller plus loin, nous voilà inévitablement devant nos ombres, devant ce que nous ne voulions pas voir. Nous voilà devant ce qui manifestement empeste la putréfaction depuis longtemps et que nous refusions de sentir. Nous voilà tel Héraclès devant le travail de nettoyer les écuries d’Augias. Ne plus se raconter d’histoire c’est aussi entrer en Satya, le terme sanskrit qui nous invite à aller vers « Sat » (l’Être, le réel, la vérité profonde). Il ne s’agit pas ici de se juger, mais de porter simplement la lumière de la conscience.

Quatrième étape : la liminalité.

C’est le moment où nous sommes perdus, comme hors du temps. C’est l’espace temps nécessaire de la chrysalide. Plus dans l’ancien et pourtant pas encore dans le nouveau. C’est le moment de la vulnérabilité. Pour le futur chaman, c’est le moment de la maladie initiatique et de la proximité d’avec la mort.

Cinquième étape : la voie.

Dans le « désolement » (désolation et isolement) et l’errance de l’étape liminale, quelque chose peut advenir qui ne dépend plus vraiment de l’individu. Dans une représentation indienne on parlerait du passage du 3ème au 4ème chakras. Au-delà des peurs de l’errance, une porte s’ouvre vers la voie du Coeur. Le yoga et la voie chevaleresque médiévale sont d’accord sur ce point, ce qui défini le guerrier dans sa posture (Virabhadrasana) c’est son ouverture du coeur à l’Amour.

Sixième étape : «  et tu connaîtras l’univers et les Dieux. »

L’inscription au seuil du Temple de Delphes se termine ainsi par une ouverture à un au-delà de soi-même. Celui qui est passé à travers toutes ces étapes, désormais transformé, initié, né deux fois, porte un regard différent sur lui même, les autres, la vie et le monde.

Ce chemin d’introspection et ces étapes d’évolution quasi alchimique peuvent permettre par la pratique personnelle, de nettoyer le terrain où pourra germer la graine, de creuser le sillon où l’eau s’écoule maintenant. C’est tout le travail de la Sadhana (pratique personnelle sur la voie spirituelle). On peut regarder ces étapes et les parcourir individuellement avant que d’imaginer tout une collectivité en marche en ce sens. Si nous sommes des milliers à accomplir chacun ce grand œuvre, alors les fleurs qui écloses ensemble à partir d’aujourd’hui ne seront pas les fruits de la peur et du repli sur soi, mais ne manquerons pas de donner un magnifique champ empli de connaissance, de bienveillance, de solidarité et de paix.

Que ces étapes nous soient des jalons, parmi d’autres, en ce temps de Crise. Cela aussi bien sur notre chemin personnel, que collectivement pour avancer et nous soutenir mutuellement, faire une humanité plus grande, sur une terre plus respectée.

Je relève pour finir, et en jouer simplement, la proximité sonore entre le mot « Coronavirus » et le mot « Coronal ». Puissions-nous à l’occasion de ce terrible face à face avec le Coronavirus, individuellement et collectivement, activer un peu plus notre chakra Coronal (Sahasrara) qui est notre ouverture à la connaissance de soi, à la sagesse, à l’altruisme, à la conscience du Soi, de l’âme, à la connexion à ce qui nous dépasse et au divin.

Visions Chamaniques – Territoires Oubliés (Film)

Jupiter Films, le Cinéma Club de Nantua et Chamanisme.fr

sont heureux de vous inviter à

Ciné Rencontre au Club de Nantua,
(4 rue Dr Levrat – 011130)
à l’issue du Film : VISIONS CHAMANIQUES – Territoires Oubliés

Rencontre et Échanges avec
Alexandra Böttner et Eric Sunfox Marchal

Réservation :
https://www.ticketingcine.fr/index.php?lang=fr&nc=0802&ids=7306

CHAMANISME ET TANTRA LES NOUVEAUX SACRES DU FÉMININ, DU MASCULIN, DE LA TERRE ET DU CIEL


CHAMANISME ET TANTRA
LES NOUVEAUX SACRES DU FÉMININ, DU MASCULIN,
DE LA TERRE ET DU CIEL

Par Eric Sunfox Marchal

le Sacré ?

De quoi ai je vraiment envie ? De quoi ai je réellement besoin ?

Une fois nos besoins primaire satisfaits, dès que nous avons compris que la course à la surenchère consumériste ne nous apporterait ni bonheur ni épanouissement, ce pose enfin à nous la question de savoir où nous conduit cet appel au plus profond de chacun ? Où nous entraîne cette soif inextinguible qu’est l’appel à la vie à elle même ? Malraux nous avait déjà indiqué une piste : « Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas »

(Nous ne vous parlons pas ici de la religion et encore moins de son corollaire de fanatisme, ou d’archaïsme de tout poils, qui pullulent aussi en ce début de 21ème siècle !)

La spiritualité que nous évoquons ici est cet appel au sacré.

La spiritualité que nous évoquons ici est cet humble appel au plus simple, à la vie, à ce que Eckhart Tolle appel peut être « Le pouvoir du moment présent », à ce que Christian Bobin image si magnifiquement par « le très bas », à ce que chacun de nous à ressenti dans l’Amour ou dans la contemplation de la nature.

Et si à la suite du nécessaire « désenchantement du monde » qui nous à permis de sortir des croyances et superstitions, nous en avions fini également (individuellement ou collectivement ?) avec la rationalité toute puissante qui peut aller jusqu’au scientisme et au matérialisme le plus consumériste ; Alors il resterait une place pour un « réenchantement du monde ».

Ce réenchantement n’est pas un retour en arrière, pas plus que Picasso ne régresse quand il dit qu’il à mit toute une vie pour apprendre à peindre comme un enfant. Il a juste retrouvé la spontanéité d’être dans l’instant et la créativité (de son enfant intérieur), et il y a ajouté la maîtrise de la technique ainsi que le supplément d’âme qu’est la Conscience. Et cela change tout !

De même, le Tantra (et d’autres voies spirituels) proposent justement un ensemble de techniques pour permettre un élargissement de notre conscience , et accéder ainsi, dans la joie pur et simple, à une reliance plus spontanée à la vie.

« L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art » (Robert Filliou).

Le sacré (notre conscience et notre accès à une vision plus sacrée de la vie et à tout ce qui nous entour) est peut etre ce qui rend la vie plus belle que le sacré !

Les Sacres (en général)

Mais comment accéder à cet espace, à ce temps, sacré, en moi, avec les autres,
avec ce qui me dépasse ?

Nous avons déjà tous été tellement abusés par de faux prophètes, par des ersatzs, par des publicités qui nous promettaient le nirvana et n’avaient pourtant que quelques deniers à nous soutirer.

Pour notre part nous n’avons aucun produit magique à vous vendre, aucune formule incantatoire à vous demander de croire, aucune amulette à vous écouler, aucune promesse à vous faire, aucun super-pouvoir dont nous targuer.

Si le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt, alors il ne suffit pas de regarder la carte, il faut encore parcourir le territoire.

Plus que les Hiérophantes qui indique le chemin vers le sacré, le rituel, la pratique, la sadhana, le sacre, sont le chemin à parcourir. Ils nous guide, nous accompagne, dans notre ascension, pas à pas, jours apres jours, pratiques apres pratiques, stages, après stages.

Ce que nous appelons un sacre, c’est tour à tour, un rituel, une pratique, la sadhana, ce sont de merveilleux outils pédagogiques, trésors de l’humanité, qui sont comme un escalier d’accès au sacré, au divin, à la vraie vie, à l’ici et maintenant, à l’essentiel, à ce qui est !

Pour cela il est parfois utile dans ces terra inconita d’etre bien accompagné par un guide qui connaît bien le lieu, le chemin et les précipices alentour.

Nous avons juste suivit ce genre de chemin, tracé par d’autres, emprunter par des anciens qui étaient de grand explorateurs (de la conscience ? de la vie?). Ces anciens, une fois qu’ils avaient bien cheminés sont devenu porteur de sagesses. Ils ont marché très loin et nous ont laissé des pratiques, des voies, des rituels. Nous continuons à emprunter ce chemin, l’intégrant, l’adaptant, le faisant nôtres ; Devenant alors des sortes de gardiens, non de la tradition, mais de la transmission, de simples repères (parmi d’autres) pour ceux qui veulent cheminer sur leur propre voie.

Féminin ET Masculin

C’est bien jolie tout ça mais moi je ne vis pas dans une grotte, retiré du monde,
et j’ai tellement de désirs !
Alors comment marché vers le divin et le sacré de la vie ?

Il existe des voies qui ne nous demandent pas de choisir entre le sacré et le profane, entre le monde et le paradis, entre le sexe et la spiritualité, … Le Tantra est l’une de ces voies non-duels. Non pas qu’elle ne reconnaisse pas qu’il y a des contraires (ou des complémentaires ?) mais simplement qu’a partir d’un certains degré de conscience, tel l’Aigle qui prend de l’altitude, ce qui semblait différents ou en opposition se révèle maintenant comme partie de quelque chose de plus vaste encore.

Alors pour les femmes et les hommes d’aujourd’hui, prêt à explorer chacun leur genre masculin ou feminin, près à explorer tout autant leur anima ou leur animus, prêt à vivre leur incarnation en ce monde, et leur essence spirituelle ; le Tantra est une voie royale d’exploration de qui nous sommes, réellement, complètement, en relation avec l’autre si différents, si complémentaire.

Dimension Holistique

Mais alors vous deux, vous êtes spécialistes de quoi exactement ?

Tout ! Rien ! L’espace et/ou le vide entre le tout et le rien.

C’est dans les interstices que ce cache le sacré, dans la vision périphérique qu’on découvre ce qu’on croyais invisible, dans la liminalité que nous attend le processus de transformation.

  • Parce que nous autres humains sommes des êtres spirituels incarnés, avec un corps, une physiologie, de l’énergie,des émotions, des affectes, des sentiments, des pensées, une psychologie, un inconscient, un conscient, qui sais, peut être même une âme ?

  • Parce que nous vivons et traversons des lieux, que nous sommes présents à des moments, en interactions avec d’autres humains, des êtres, des choses nous entourent et qui nous dépassent.

  • Parce que nous ne pensons pas que la meilleurs façon d’aimer les papillons est de les épingler et de les étiqueter

  • Par ce que ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas (Hermès Trismégiste)

Alors, nous ne pouvons avoir qu’une vision holistique de l’humain comme constituant un tout, en interaction avec son environnement constituant un tout également… (le tout constituant un tout à son tour)

Alexandro Jodorowsky avec sincérité, recul et humour détaille ainsi la liste de tout ce qu’il faut savoir et être pour pratiquer la psychomagie : il faut par exemple être artiste, performeur, poète, avoir pratiquer les arts martiaux, être guérisseur, magicien, pratiquer le Tarot, avoir développé sa sensibilité, contraires les théories psychanalytiques, avoir approfondit la psychogénéalogie, s’être préparer avec la passion d’un moine boudhiste, avoir surmonter l’attachement à son individualité…

La liste qu’il présente, dans une sorte d’inventaire à la Prévert, prend alors plusieurs pages.

Pour vous proposer nos propres Sacres, il à bien fallut que nous nous adonnions à tout cela, à pire encore, et entre autre chose, depuis des années, a divers formes psychologisante, au Tantra, au Chamanisme et à l’Astrologie.

Nos Sacres (en particulier)

Oui mais qu’est ce qu’on fait dans vos sacres ?

  • Nous avons alors choisi des lieux, des montagnes, des lits de rivières, un dolmen, une fontaine ardente, une grotte, … Ici se sont parfois les Celtes qui y ont pratiqués leurs propres rituels. Ailleurs, en Indes c’est un aranuasala, un ligam natuel, une yoni vénérée, ect …

  • Nous avons choisi des dates, porteuses d’énergies particulières dans le grand cycle annuel, communes à tous ceux qui ont levé les yeux au ciel et qui ont regardé les cieux dans les yeux.

  • Nous avons préparer des rituels, des structures, des stratégies, des processus, qui, renforcées par ces lieux, à ces dates, peuvent permettent de vivre une expérience.

  • Reste juste la place de ceux et celles qui vont s’engager sur ce chemin, et qui en vivant ces expériences, en conscience, pourront en être nourri et transformés.

Bienvenues

Eric Sunfox Marchal : les-Forges-de-Sylva / Eric Marchal & Bénédicte Pinard : Savitur-Tantra

vous proposent : les Sacres du Feminin, du Masculin, de la terre et du ciel.

Point de vue sur le chamanisme par Sophia Clémenceau et Travis Bodick

Beaucoup de gens ont plutôt des idées romancées sur les chamanes.
Qu’en est-il ?

Point de vue de Sophia Clémenceau avec en traduction libre
Extrait de l’article de Travis Bodick* dans la revue « Sacred Hoop » 2017

Télécharger gratuitement
les commentaires sur l’article de Travis Bodick
par Sophia Clémenceau
en cliquant ici.

* auteur, musicien et guide-médecine de cérémonies

TAOÏSME & CHAMANISME Approche symbolique et philosophique

TAOÏSME & CHAMANISME
Approche symbolique et philosophique

Article de Sophia Clémenceau

TAOÏSME & CHAMANISME : Approche symbolique et philosophique
1 – Description du symbole du Tai Ji, symbole yin/yang
2 – Représentation des mondes selon le chamanisme
3 – Les orients sur le Tai JI
4 – Les orients et la roue de vie
5 – Aspects des 5 directions dans le taoïsme
6 – Capacités dans l’homme & caractéristiques psychologiques, du point de vue taoïste
7 – La roue de médecine
8 – Capacités dans l’Homme & caractéristiques psychologiques, du point de vue chamanique
Synthèse

Chamanisme & Taoïsme par Sophia
> Télécharger le fichier PDF gratuitement en cliquant ici <

 

 

 

Vision d’un chamanisme actuel en Mongolie

Vision d’un chamanisme actuel en Mongolie

Article de :  Sophia

Pour les mongols il existe 3 types de chaman

  • Chaman blanc : C’est un chaman qui a des pouvoirs de guérison
  • Chaman noir : En plus des pouvoirs de guérison, ce chaman a le pouvoir de libérer les gens
    de « malédiction, mauvais sorts », mais cela suppose aussi qu’il a la capacité d’en créer lui-
    même.
  • Chaman rouge (aussi appelé chaman jaune) : C’est un chaman qui utilise aussi des pratiques
    bouddhistes.

Lieu de vie des chamans

Les chamans que j’ai pu rencontrer vivent aussi bien en ville que dans la nature. Dans ce dernier cas, ils peuvent habiter dans une maison en bois, une yourte ou un tipi. Ils ne sont plus forcément nomades. Ils ont une vie de famille « comme tout un chacun ».

Qui est chaman

Shaman-Chuluujai

Quelqu’un qui a « hérité » de ce pouvoir par sa lignée de sang – ou quelqu’un qui a été choisi par un Esprit chamanique. La personne peut découvrir qu’elle est chamane très jeune ou une fois devenue adulte. Si la personne n’entend pas « l’appel de son Esprit », il peut être trop tard quand elle comprend qu’elle a des pouvoirs chamaniques, son Esprit pourra s’être déjà éloignée d’elle et ne voudra plus travailler.

Pour de nombreux chamans de traditions diverses « être chaman » n’est pas une sinécure, un
cadeau de la vie, mais une responsabilité lourde et exigeante qui demande, entre autre, une
hygiène de vie et un respect de ses engagements. La vie d’un chaman n’étant pas facile et bien
souvent jalonnée d’épreuves, ils aimeraient qu’il en soit autrement, parfois ils rejettent même
cette fonction, jusqu’à ce que les épreuves de la vie ne leur « laissent pas le choix » . Il arrive
que l’Esprit chamanique auquel le chaman est relié « soit gentil » et qu’il laisse le choix à la personne d’assumer ou non cette fonction. Mais s’il ne lui laisse pas le choix, tant que la personne refusera, elle-même ou son entourage pourra vivre des épreuves importantes, voir traverser des maladies graves.

J’ai entendu une chamane mongole dire à certaines personnes « ton Esprit est gentil car il te
laisse le choix de te connecter ou non à lui et donc de suivre ta voie chamanique ou non »…
et dire à d’autres « tu es malade parce que tu ne travailles pas avec ton Esprit et il est
mécontent de cela »…

Cela ne nous appartient pas de décider « d’être ou pas chaman – d’avoir ou pas des dons ».
Le chemin chamanique et spirituel dans tous les cas, est un chemin d’HUMILITE. Parfois il
nous est difficile d’entendre que notre égo voudrait « autre chose » que ce que notre SOI a
choisi pour nous. Plus j’avance sur ce chemin et plus ceci devient une conviction qui se
confirme : ON NE DEVIENT PAS CHAMAN, ON NE LE DECIDE PAS. Par contre OUI, quand on
l’est, on se doit de SE FAIRE INITIER pour apprendre ce qui est un chemin de vie, le chemin
de toute une vie… plusieurs sans doute !

Lieu et moment des cérémonies

Les chamans qui vivent dans la nature, ont bien souvent un lieu spécifique pour leurs cérémonies et offrandes aux Esprits. Ce lieu de nature peut être à plusieurs kilomètres de chez eux. Il aura bien sûr été choisi en accord avec les Esprits et se révèle être un lieu vibratoire puissant. Il arrive que plusieurs chamans officient sur le même lieu, mais ils ont souvent chacun leur lieu de cérémonies.Certains chamans effectuent leurs cérémonies uniquement la nuit car leurs Esprits ne veulent/peuvent travailler à la lumière du jour. Ainsi en Mongolie intérieure, un chaman mongol m’a expliqué que c’était les conséquences des persécutions/interdictions qu’ils avaient subies et qui les avaient amenés à pratiquer en secret durant longtemps.

 

Questionner un chaman

Un visionnaire comme le chaman peut avoir accès à toutes sortes d’informations sur vous. La
question donne non seulement « une sorte d’autorisation » au chaman pour lire cet invisible
pour vous, mais surtout cela donne l’orientation de sa demande aux Esprits, en fonction de
votre propre demande.
Les réponses qui sont données par les Esprits ne sont pas forcément celles que l’on aimerait
entendre ! Mais le rôle du chaman n’est pas de vous faire plaisir, mais de vous dire « ce qui
est, ce qu’il reçoit. Que vous soyez près à l’entendre ou non » ! Il ne s’agit donc absolument
pas d’une consultation psychothérapeutique et les informations peuvent parfois sembler
abruptes, inattendues ou dérangeantes.

Soin chamanique

Le chaman se doit de dire au consultant lorsqu’il pense que le problème ou la question ne
relève pas de ses compétences de chaman ou de ses capacités chamaniques ! S’il faisait
« un faux soin » pour satisfaire le consultant, il pourrait se mettre en danger lui-même ainsi
que sa famille.
Un chaman n’est pas un magicien. S’il est initié traditionnellement, toute question d’ordre
uniquement médicale, psychologique ou psycho-émotionnelle ne sera pas de son ressort.
Par contre il saura vous dire si en effet votre problème/ blocage est lié ou non à un sort, une
entité, un mécontentement des Esprits….
Chaque chaman a sa propre médecine, ce qui veut dire que tous ne peuvent soigner les
mêmes choses, ni mêmes voir les mêmes choses… ce qui peut sembler déroutant aux esprits
cartésiens. Certains sont des guérisseurs avec le pouvoir de « guérir » certains symptômes ou
maladies. Ils ont le pouvoir « d’extraire le mal » car ils ne guérissent pas au sens où la
médecine occidentale le conçoit.

Costume de cérémonies

En cérémonies, la plupart d’entre eux portent un costume chamanique qui, bien souvent, est lourd.
Le chaman pourra avoir un ou des assistants qui l’aideront à enfiler et retirer son costume (costume qui peut se composer simplement d’un vêtement ou aussi une coiffe, voir des bottes). Ces costumes n’ont aucune fonction théâtrale. Ils ont un rôle important à la fois de protection et de « facilitateur » pour la transe. Ils peuvent être en peau d’animal ou en tissu avec ou sans objets métalliques et/ou sonores fixés sur le costume. Comme pour le tambour, seul le chaman ou ses assistants touchent ce costume qui est personnel et unique. Il portera les attributs choisis par l’Esprit du chaman.

Tambour chamanique

Le tambour chamanique mongol peut être circulaire mais « composé » de 18 faces juxtaposées pour créer ce cercle. Souvent y sont accrochées des objets métalliques qui servent à protéger le chaman ou à appeler les Esprits (objets sonores) ou sont des réceptacles pour les Esprits. Ce type de tambour
est généralement utilisé avec une batte en bois. Elle peut être légèrement incurvée et recouverte de la peau (avec les poils) d’un animal particulier. Certains chamans utilisent un tambour beaucoup plus plat et léger qui se tient par un manche.
De la même façon, certains chamans utilisent une guimbarde ou une cloche et d’autres non.  Pour les cultures chamaniques traditionnelles mongoles, il est inconcevable que quelqu’un qui n’estpas chaman, prétende utiliser un tambour. Leur vision est, que dans ce cas la personne « utilise son tambour comme un instrument de musique et qu’il n’a donc rien de chamanique ». Il est rare (voir impensable dans certaines traditions, dont la tradition chamanique mongole) que quelqu’un d’autre que le chaman touche son tambour ; ou bien que deux chamans utilisent leur tambour en même temps, dans un même espace. De même que les mongols ne conçoivent pas qu’une personne qui a un tambour dit « chamanique » ne prenne pas soin de son tambour et le pose « n’importe où », en particulier à même le sol. Il doit être posé au moins sur un tissu ou un tapis pour ne pas absorber les énergies du monde d’en bas (monde dans lequel sont les âmes errantes). J’ai vu des chamans d’autres traditions (amérindiennes par exemple) réagir différemment à l’utilisation d’un tambour par « un non chaman ». Par contre tous sont très choqués quand tout objet de pouvoir n’est pas traité avec respect, quand nous ne nourrissons ni ne remercions pas les Esprits alors que nous prétendons leur « demander de l’aide ».

S’adresser à l’Invisible

TOUS les chamans que j’ai rencontré, dans toutes les traditions, prennent très au sérieux la
façon dont on s’adresse aux Esprits, comment on les remercie, quand, comment le faire et
qui peut le faire. Les Plans de l’Invisible ne se contrôlent pas comme on veut, et c’est tant
mieux !
Un chaman, en Mongolie m’a dit « les Esprits, chez vous, ils sont gentils, chez nous, on ne
joue pas avec eux car on sait que la punition peut être terrible ».
Ce sont des paroles de Sagesse qui invite dans tous les cas « à ne pas faire n’importe quoi
avec eux ».
D’où la nécessité de SE FAIRE INITIER.

La Chacana : La croix andine

La CHACANA
La croix andine

Chacana de 3 niveaux (la plus commune)

Introduction
Les maîtres et initiateurs des Andes ne se sont pas limités au nombre 3, à la chacana de 3 niveaux ; ils eurent une projection cosmique, depuis l’unité où ils se trouvaient. C’est ainsi que le nombre 3 est devenu le plus populaire et didactique afin que ces codes soient accessibles au peuple. Au sein de cercles hermétiques ils travaillèrent avec le nombre 1 et toutes ses projections possibles, ces projections allant du 1 au 7 ; ce qui fut établit
dans leurs temples, palais et instruments cérémonials de haut niveau.
L’Univers est comme une grande toile d’araignée où tout communique dans toutes les directions ; l’Esprit ne peut être enfermé dans aucune forme ni direction. Avec les chacanas nous découvrons le monde magique du Peuple du Soleil.

1. La chacana de DEUX niveaux
On la trouve dans toutes les céramiques, textiles, orfèvrerie, etc…. Sa représentation la plus belle est au Temple du Puma Punku. Les 2 niveaux créés par les bras représentent la conception de la polarité : les opposés en équilibre et projection à l’infini ; le bras horizontal représente l’arquétype féminin ; le bras vertical identifie l’arquétype masculin, la force du ciel
qui fertilise, qui laisse les semences pour que la mère les fait croître dans la terre. Cette chacana résume les forces du cosmos dans son expression d’équilibre ; c’est la manifestation des complémentaires, du concave et du convexe dans l’unité. Dans la cosmovision andine, l’arquétype féminin est représenté, dans notre dimension, par la Pachamama ; et l’arquétype
masculin par la force du Pachatata. Un seul endroit dans les Andes montre de façon solennelle  les connaissances sym oliques du masculin et du féminin : il s’agit de l’île d’AMANTANI au LAC TITICACA, où les Temples, dans leur partie la plus élevée honorent la présence de la Pachamama et du Pachatata.

2. La chacana de TROIS niveaux
On la découvre de façon très diverse dans différents endroits des Andes. Dans la cosmovision andine le monde est divisé en 3 niveaux, qui ont été dénommés de la façon suivante : Hanan Pacha, Kay Pacha et Ucku Pacha ; chacun de ces niveaux est représenté par un animal de pouvoir : le Condor, le Puma et le Serpent.

Le plan inférieur, qui est en relation avec la terre et tout ce qui s’identifie avec elle, c’est le UCKU PACHA qui a le SERPENT comme animal de pouvoir régent. Le Serpent, symboliquement nous enseigne à abandonner le non-nécessaire, à laisser nos vieux vêtements, y compris laisser notre vie quotidienne afin de renaître ; le monde de Ucku Pacha nous montre le chemin de la transmutation et de l’alchimie, ce plan est aussi en relation avec le passé.

Le plan intermédiaire s’appelle KAY PACHA et le PUMA est son animal de pouvoir régent.  Le Puma est l’emblème de l’auto-contrôle, de l’auto-connaissance, de la réalisation personnelle ; c’est l’animal qui nous donne vitalité et force, amplifiant notre perception et notre espace d’action. Ce plan a pour message la vision de « maintenant », du « présent », puisque nous ne pourrons pas grandir ni donner de l’expansion à notre conscience si nous ne
comprenons pas l’importance transcendantale du « présent » qui est la réalité au sein de la vie de l’être humain. Cet instant, « l’éternel maintenant », est ce qui est. En pratique nous ne pouvons réaliser notre vie que dans la dimension actuelle, le présent de notre existence ; 1puisque le passé est ce qui a succédé, et le futur est la chance des possibilités. De telle façon
que la seule chose réelle est le présent, et le Puma, en tant qu’animal de pouvoir, le synthétise d’une manière parfaite ; le Puma est l’Être Solitaire, comme notre Esprit : nous arrivons dans ce monde seuls et seuls nous en repartirons. Et enfin, avec ce symbole ancestral de 3 niveaux, nous avons le plan qui couronne cette projection, le HANAN PACHA, qui a comme animal de pouvoir régent le CONDOR. En définitive, c’est la plus importante représentation dans la hiérarchie du monde andin, et nécessairement la conséquence du 1 er et du second plan. Le Condor représente la dimension
de l’Esprit et de l’Univers, de ce qui se reflète en lui ; c’est ce qui est au-dessus de l’expérience humaine. Le plan supérieur du Hanan Pacha nous montre l’infini du ciel, ce qui le maintient en équilibre au-delà de la compréhension de l’homme. Le Condor, en tant qu’oiseau de Pouvoir, projette les volontés de l’humanité pour tous les possibles de la vie ; à travers le Condor rayonne le futur. Le message transcendantale du Condor nous enseigne à alchimiser nos vies, à nous orienter au-dessus (au-delà) des apparences, il nous enseigne que c’est seulement avec une grande volonté que nous arriverons à ce que les systèmes de notre monde perdurent. La majestuosité du vol planant du Condor est la porte ouverte pour libérer notre âme afin de rencontrer à nouveau le Divin.
Il faut naître comme le Serpent, pour suivre l’auto-connaissance du Puma et ainsi atteindre la dimension du Condor.

3. La chacana de QUATRE niveaux
Elle enseigne que connaître l’homme, c’est connaître l’univers dans sa projection vers le Cosmos. Le sage andin a trouvé qu’il y a 4 directions, et que celles-ci l’amenèrent à découvrir de grands mystères Nommer les points cardinaux c’est reconnaître l’expression de notre réalité immédiate ; peut-être est-ce pour cette raison que la connaissance des coordonnées terrestres fût le savoir de tous les grands  peuples du monde. Dans les Andes, nous trouvons les preuves de ces coordonnées implantées dans les temples et palais ; si les croix carrées nous
indiquent par nature, la distribution des espaces cardinales, c’est la chacana de 4 niveaux qui le rend plus évident. Dans la vie, il ne suffit pas de s’interroger sur la polarité, ni de reconnaître les animaux de pouvoir ; il s’agit aussi de connaître la relation de tout cela avec l’univers qui nous entoure, et ainsi tous ces arquétypes auront leurs fonctions lorsque nous leur permettront de suivre leur chemin et aux points cardinaux nous trouveront la maison ou le temple qui nous recevra. En lui-même le nombre 4 nous met directement en relation avec les 4 éléments : la terre, l’air, l’eau et le feu.
Les directions nous mettent en évidence le Sud, l’Ouest, le Nord et l’Est. Et si avec la chacana de 3 niveaux nous avons reconnu la présence des 3 animaux de Pouvoir, ici nous en avons 2 de plus, qui furent présents dans la vie de l’homme andin depuis des millénaires.
Au Sud nous trouvons le monde des camélidés sud-américains. Dans la cosmovision andine a même été identifiée une constellation qui se réfère à cet animal de Pouvoir : le Catachillay ou Llamacnawin (le LAMA). Il représente la prospérité.
A l’Ouest nous trouvons le chemin suivi par le Grand Mayu Céleste, qui suit la voie où le soleil se cache ; c’est le règne du SERPENT COSMIQUE. Il représente la transmutation : la venue de nouvelles opportunités au jour prochain.
Au Nord nous trouvons Kori Qente, ou COLIBRI DORE, oiseau qui transcende les frontières et que l’on peut trouver à son état naturel du nord jusqu’au sud. Il représente l’amour inconditionnel.
Enfin, l’Est qui est le lieu de lever du soleil, représente le règne du Kuntur ou CONDOR SACRE. Il représente la liberté et le Pouvoir.

4. La chacana de CINQ niveaux
C’est le chemin de l’auto-connaissance, que le sage convoite ; durant la recherche du maître andin il a déjà trouvé les différents plans d’existence, il a déjà crée sa cosmovision, il est temps pour lui de découvrir sa propre réalité. La chacana de 5 niveaux est le symbole initiatique qui l’amènera à faire ce saut quantique afin de rencontrer le grand enseignement ésotérique de tous les temps, qui dit : « connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers ».
Après avoir compris la nécessaire complémentarité de notre vie, pour ascensionner les plans de l’existence et se projeter jusqu’au Cosmos par les 4 chemins, il n’aura pas d’autre alternative que de retourner à lui-même, car seul à l’intérieur de lui-même il trouvera la clarté et la pureté de sa réalité. Le nombre 5 se réfère au monde intérieur, au point d’équilibre, et les
sages Incas modelèrent dans la pierre et le temps des endroits pour ces ouvrages initiatiques, comme par exemple au Machu Picchu (l’Intiwatana).

5. La chacana de SIX niveaux
Après avoir reconnu notre monde intérieur, nous nous autorisons à  ascensionner vers le Cosmos, dans une projection interminable ; parce que l’Univers ne se rencontre pas sur un seul plan ; c’est une projection vers l’infini. C’est ainsi que le nombre 6 nous enseigne que, aussi bien ce qui est en haut que ce qui est en bas, est relatif ; que ce qui est à droite comme ce
qui est à gauche, l’est tout autant. L’infini est ce que nous ne pouvons pas maintenir dans nos mains, c’est ce que nous ne pouvons pas mesurer ; mais c’est ce que nous pouvons projeter dans notre dimension intérieure. Aussitôt que nous avons découvert que dans notre espace intérieur sont contenus les mystères du ciel, nous verrons que le nombre 6 nous impulse vers toutes les directions, non seulement vers les 4 points cardinaux, mais aussi vers le haut, le bas et dans toutes les projections intermédiaires.

6. La chacana de SEPT niveaux
Les grands initiés nous parlent toujours de plans de centres énergétiques qui existent dans notre corps ; les grands sacerdoces de tous les peuples, ont toujours eu une fascination et inclinaison aux cultes de la manifestation lunaire en chacun de ses quartiers, d’une durée de 7 jours ; et nous voyons comment la terre manifeste ces phénomènes naturels : avec la pluie et
le soleil, un Arc en Ciel se forme, prononçant une gamme de 7 couleurs. La chacana de 7 niveaux nous annonce la communion qui doit exister entre l’être humain et le ciel ; mieux dit nous devons découvrir nos microcosme pour être en équilibre avec le macrocosme. Les connaissances du ciel nous ont annoncées que le nombre 7 est la somme alchimique de la vie de l’homme, et en reconnaissant notre monde intérieur, plus nous réalisons le monde du ciel. L’auto-connaissance nous permet de classer notre expérience humaine, et nous synthétiserons tout en trouvant la quiétude dans l’art de la méditation. C’est à travers des pratiques basées sur le silence intérieur que les grands maîtres du monde ont tissé la grande roue qui connecte à
chaque espace ; dans la méditation ils ont trouvé la clé de la transcendance et ils ont pu travailler les 7 Centre Energétiques de notre Plan Physique, qui est le corps. Ces centres énergétiques en Orient, sont appelés chakras ; le réveil de chacun de ces centres vital est le réveil d’une conscience supérieure ; dans cette conscience il est nécessaire d’étudier les influences de la Lune durant chacun de ses quartiers, il faut connaître le symbolisme et la
magie de l’arc en ciel, afin que, avec prudence et sagesse, nous organisions nos journées et rendions possible les grands moments de transmutation nécessaire à notre croissance.

Traduction de Sophia du livre « Centros de Poder en los Andes – Initiaciones solares»
Centres de Pouvoir dans les Andes –Initiations solaires
de James Arévalo Merejildo – MALKU

Pokemon Go et Chamanisme : « Les esprits de la nature sont partout autour de nous ! »

Pokemon Go et Chamanisme
« Les esprits de la nature sont partout autour de nous ! »
pokemon-the-pokemon-compagny-pokemon-go

Ils sont là !

Ils sont partout autour de nous ; Pikachu, Bulbizarre, Germignon, Tortipouss, etc… les Pokemons sont partout autour de nous, et même si vous ne les voyez pas, nul doute que vous en avez entendu parler.

Ils sont là !

Ils sont partout autour de nous ; enfants bien sûr, adolescents évidement, adulescents (créature hybride mi-ado mi-adulte qui a du mal devenir adulte), même les adultes qui s’y mettent… par dizaines de millions… alors, tous chasseurs de Pokemons ?

Difficile d’échapper au buzz planétaire organisé, autour de ce jeu, par de grandes sociétés commerciales ; Niantic (filiale de Google) et Nintendo (holding japonaise de jeux vidéo). Toutes les sociétés essayent de faire ce que réussi aujourd’hui « Pokemon Go », à savoir ; une mode surpuissante qui, telle un tsunami, emporte tout sur son passage. Certains y réussissent, d’autres pas !

Qu’est ce qui fait alors un tel succès ?

Pour commencer à répondre à cette question, je vous propose d’abord de faire le rapprochement avec un autre univers qui peut avoir un lien à l’enfance (mais pas uniquement !), au loisir (mais pas uniquement!) et au chamanisme : à savoir, l’univers des contes, des légendes et des mythes :

Certains contes passent à travers les siècles et les cultures alors que d’autres histoires sont aussitôt oubliées une fois racontées… Qu’est ce qui fait la différence ?

On sait l’importance pour les peuples premiers de ces trésors de l’humanité que sont les mythes, contes et légendes. Ils sont partagés par exemple lors des veillées (ancêtres de nos médias) et jouent alors un rôle essentiel dans la transmission des représentations et appréhensions du monde, des codes moraux et des valeurs inhérentes à chaque culture.

Vladimir Propp dans « Morphologie du conte » a montré que tous les contes du monde sont plus ou moins découpés selon un schéma de de 31 séquences. Joseph Campbell affirme quelques années plus tard que tous les mythes suivent les mêmes schémas archétypaux (dont la structure à été reprise depuis avec le succès que l’on sait par Star Wars, Matrix, et Le Seigneur des anneaux !)

Pour le dire autrement et simplement, si un conte, une légende ou un mythe se transmet de génération en génération, c’est qu’il va toucher les archétypes profond de l’humanité !

En gros, l’être humain a des besoins, des manques (besoin de sécurité, de reconnaissance, d’affirmation de son identité, de se libérer de ses angoisses, …) qui l’oblige à se lancer dans des quêtes de l’ordre de l’Être, et l’oblige à aller chercher les réponses au plus profond des sources primaire de satisfaction (la nature, la spiritualité, la qualité des relations humaines, l’amour, etc …)

Pokemon-chamanisme-ratata en ville

Notre société de consommation qui a bien compris cela, sait qu’il suffit de titiller ces besoins, (dont les cartes sont connues) et qu’il suffit alors de détourner la quête vers des réponses de l’ordre de l’Avoir, pour nous vendre ainsi des érsatzs nécessairement insuffisants, donc frustrants. Nous plongeant ainsi dans un consumériste addictif.

Ne soyons pas naïf, les meilleurs jeux vidéo ne sont plus simplement crées par des informaticiens et des graphistes, ils le sont aussi conçu par des spécialistes du cerveau humain, de la psychologie profonde et de la sociologie.

Si on se penche maintenant sur le phénomène Pokemons, force est de constater que c’est la 4ème fois qu’on nous fait le coup, et cela avec toujours plus d’efficacité ! (quand l’imaginaire de l’artiste est aidée par la technologie et est dirigée par l’intelligence des experts en marketing, et en neurosciences ,voilà ce qui arrive).

  • La série de dessins animés « Pokemon » avait déjà eu un immense succès auprès des enfants (il y a 20 ans)
  • A la suite de quoi, les cours des écoles ont été envahies par le merchandising des produits dérivés à savoir les « cartes pokemons » (vendues très cher pour quelques grammes de papiers imprimés, et dont les enfants réclamaient toujours plus de cartes car il manquait toujours des cartes rares …)
  • Puis la technologie entre en scène, et c’est le jeux sur Gameboy (console de jeu portable) qui a fait les beaux jours de la société Nintendo
  • Enfin la 4ème vague, aujourd’hui, plus grande que tout, « Pokémon Go » combine smartphone, géolocalisation et réalité augmenté pour un phénomène de société sans précédent.

Pokemon-chamanisme-ratata en villeA ce stade, rappelons quelques principe de base du jeu « Pokémon Go » :

« Armé » de ton smartphone, vas, tout autour de toi, de par le monde (en mode GPS), explorer et découvrir les pokemons qui sont cachés (et invisibles à ceux qui n’ont pas la technologie) pour les attraper.
Quand tu as attrapé assez de pokemons, tu peux rejoindre une guilde pour coopérer avec les autres membres de ta guilde pour étendre votre territoire.

Voila pour résumé en quelques lignes le principe du jeu.

On y retrouve d’abord réveillé et sublimé quelques instincts primaires qui sont par ailleurs policés ou canalisés dans notre société :

– l’instinct d’appartenance et l’instinct grégaire puisque nous rejoignons une guilde pour œuvrer ensemble à un même but sous un même étendard (élargir notre territoire)

– l’instinct de compétition belliqueux (pour ne pas dire guerrier) … puisqu’il y a l’autre, l’étranger…à savoir « ceux des autres guildes » (les méchants ?) à vaincre.

Rien de nouveau dans tout cela, le grand barnum du sport show-business passe sont temps a exciter ainsi les masses, en titillant ces instincts, qui peuvent faire passer du supporter, au chauvinisme, du patriotisme au nationalisme plus ou moins agressif !

Pokemon-chamanisme-photo-psykokwakEt pour nous qui sommes engagés sur la voie du chamanisme, nous ne manquerons pas de voir aussi autre chose dans le jeu « pokemon go » :

  • Il réveille et sublime l’instinct archaïque du chasseur-cueilleur qui est enfouis en nous. Il nous propose de traquer, chasser, pourchasser, attraper, ces petits « animaux » que sont les Pokemeons (et certains sont à mi chemin de la plante et de l’animal)
  • Le jeu Pokemon Go nous dit haut et fort que les esprits de la nature sont partout autour de nous et qu’il faut changer notre regard pour les voir !
    Sans le smartphone en l’occurrence, on ne peut pas les voir. Par contre, si on s’y prend correctement (avec le smartphone pour le cas) en mode photo, nous voyons le monde qui nous entoure, et dans le monde qui nous entoure est ajouté, en surimpression, un pokemon qui paraît tout vivant, là devant nous et qui semble nous attendre.C’est pour ainsi dire, le dévoilement du « monde du milieu », cher au chamanisme que reprend le jeu des pokemons. Ainsi, de nombreuses représentations chamaniques dans le monde vont surajouter à notre monde matériel, 3 mondes « invisibles » pour le profane : un « monde du bas » peuplé de forces et d’alliés. Un monde du milieu, le double énergique et éthéré de notre monde physique. Un « monde du haut » peuplé de maîtres et de haute spiritualité.

Par ce jeu et par la juxtaposition de la vision de notre monde matériel et des Pokemons sur-ajoutés sur la même image, c’est un peu comme si la surnature ou le petit peuple (elfes, gnomes et fées) se présentait a nous et que l’on pouvait le voir de nos yeux dans notre environnement immédiat !
(sans passer par la longue initiation de l’apprenti chaman !)

Ce n’est pas un hasard non plus si ce jeu vient de la culture Japonaise. En effet, au Japon l’animisme est encore très présent dans l’inconscient collectif et imprègne encore toute la culture.

Le formidable réalisateur de films d’animation japonais, Hayao Miyazaki, avait déjà rappelé à l’occident de 1000 façons que les esprits de la nature étaient toujours autour de nous (voir dans « Princesse Mononoké ou « le Voyage de Chihiro »).

Force est de constater que lorsqu’ on joue quelques heures à Pokémon Go, que l’on regarde notre environnement autrement ensuite. Qu’on y guette des présences plus ou moins visible. Que l’on n’est plus surpris de croire sentir une présence et que l’apparition d’un trolls ne nous ferait même plus sursauter !

Les constructeurs du jeu ont été jusqu’à adapter les Pokemons avec les lieux où on les trouve, ce qui n’est pas sans nous rappeler l’esprit des lieux . Ainsi ce sont des pokemons différents dans les villes, ou les parcs et les forêts. Et l’on trouve certains Pokemons « d’eau » par exemple, uniquement aux abords des lacs ou des rivières.

Ensuite, nous sommes invités à rejoindre (=promotion ? reconnaissance par nos frères, nos paires, nos pères ? initiés ? ) à rejoindre une des 3 guildes qui se partagent le monde.

En anglais nous aurons le choix de rejoindre les Bravours, les Instincts ou les Mystics. Oui j’ai bien dit « Mystics » !… Mais le mot a fait peur aux traducteurs français qui ne laisse plus le choix qu’aux instinctifs, aux courageux, et à la sagesse (sagesse qui devient alors bien technique et rationnelle, alors qu’ il pourrait s’agir d’une sagesse mystique qui est une bien plus large connaissance).

Dans ce jeu (comme dans d’autres), c’est comme si notre société recyclait ces mythes, ces histoires à raconter à ses enfants. Alors tant qu’à jouer à des jeux devant des écrans, pour une fois, apprécions que la jeunesse sorte de sa chambre, court à travers le monde réel, à la recherche des esprits de la nature ; pour coopérer avec les siens, et tenter de faire avancer dans ce monde la valeur dans laquelle elle c’est reconnue.

Plus tard, il sera peut être intéressant d’observer les autres nouveautés à venir qu’offrira la « réalité augmentée » qui surajoute de plus en plus d’informations et d’images à notre monde dit réel. C’est peut être une merveilleuse façon de réapprendre que le monde est plus que ce que l’on voit, nous rappelant ainsi le concept de la maya (illusion) en Inde ou de la grotte de Platon en Grèce.

Bien sûr, notre société, malade de ses écrans, (qui par définition s’interposent, s’intercalent et font litteralement  écran avec la vraie vie, la vraie relation, l’amour, la nature, et le monde), malade de ses médias (qui est un medium, un entre deux, qui ne devrait que jouer le rôle d’intermédiaire …) croit -ou joue encore à se faire croire-  que les mondes subtils et invisibles, la nature, la surnature, ne sont visibles qu’avec les dernières technologies les plus pointues et les plus couteuses.

Et si au contraire… c’était ces objets, ces technologies, cette société du spectacle, qui faisaient écran ? Et si les anciens, les Grecs ou les peuples premiers, les chamans d’aujourd’hui voyaient depuis longtemps tout cela et vivaient certainement plus au sein de ce monde sur-naturel ?

Le chamanisme c’est alors ce réenchantement du monde libéré de la béquille technologique (Ce peut être utile une béquille quand on souffre d’un handicap, mais cela devient au combien inutile et encombrant quand on en à plus besoin !)

Le film « Avatar » de James Cameron, nous avait déjà rappelé la possibilité, comme les peuples indigènes, de nous reconnecter à une nature riche, vivante, belle, sacrée, habitées de couleurs et d’esprits. Encore une fois Avatar était tombé dans le « technotisme » (si on peut appeler ainsi le culte immodéré de la technologie) en montrant que pour se connecter aux animaux de Pandora, à la nature ou à  l’immense Arbre-des-Ämes, nous avions besoin d’un câble ! (Comme une vulgaire rallonge ou un cable usb d’ordinateur.… image naïve et risible pour qui a déjà été en relation avec la nature, les animaux ou les arbres de façon chamanique).

Mais les indigènes de la planète nature d’Avatar, eux, pouvait se dire en face « Je te vois ! » (sans tous nos artifices et notre technologie bien limitée et encombrante pour cela !). Un « je te vois » qui nous parle de la reconnaissance de l’être profond, du Soi, de l’âme, et peut être, comme dans les Upanishad, un « je te vois » qui serait comme un « Tat Vam Assi » : « Tu es cela ! ». je reconnais que tu es cela , tout cela, et plus encore, enfant du grand tout, des étoiles, esprit dans la matière (cf Ghost in the shell), microcosme au sein du macrocosme, que tu es un autre moi même…

Et combien d’enfants, d’adolescents, d’adultes peuvent ou pourront dire bientôt devant un autre humain, devant un lac, un arbre, une fort, même en ville : « Je te vois ! » ?

Eric Sunfox Marchal
www.les-forges-de-sylva.info