Chamanisme chemin d extase : de la notion de pouvoir

3.c) de la notion de pouvoir

Un jeune homme demanda : « J’essaye de cultiver la volonté, mais je n’y réussis pas. Comment dois-je m’y prendre ? »

(pas de réponse)

Q. : Je suis venu ici il y a trois ans ; Shri Bhagavân disait alors que la volonté était nécessaire pour acquérir la force mentale. Depuis j’essaye de la cultiver, mais sans succès.

(pas de réponse)

Q. : Durant ces années, j’ai subi quatre ou cinq échecs. Ils m’ont considérablement contrariés. Maintenant, la peur de l’échec hante les efforts. J’ai besoin d’avoir confiance en moi, sinon mes efforts sont condamnés d’avance. En fait, rien ne mène autant à la réussite que le succès, et rien ne fait plus échouer les efforts que les échecs. D’où ma question.

(pas de réponse)

Q. : La volonté n’est-elle pas nécessaire à la réussite ? Elle devrait assurer la réussite et détruire l’échec.

(Pas de réponse)

Q. : J’essaie de gagner en volonté. Et, cependant, après toutes ces années, je me retrouve au point de départ. Je n’ai fais aucun progrès.

(pas de réponse)

Q. : Quels sont les moyens pour renforcer la volonté ?

M. : Votre idée de la volonté est qu’elle assure le succès. La volonté devrait être comprise comme étant la force du mental, qui rend celui-ci capable d’affronter avec équanimité aussi bien le succès que l’échec. Elle n’est pas synonyme de succès. Pourquoi tous nos efforts devraient-ils être couronnés de succès ? Le succès développe l’arrogance et le progrès spirituel de l’homme est dès lors arrêté. Par contre, l’échec est bénéfique dans la mesure où il permet à l’homme de voir ses limites et le prépare ainsi à s’abandonner. L’abandon de soi est synonyme de bonheur éternel. Par conséquent, on devrait essayer de parvenir à l’équilibre mental en toutes circonstances. C’est là la force de volonté. Le succès ou l’échec sont le résultat du prârabdha et non de la force de volonté. Un homme peut fort bien n’accomplir que de bonnes et nobles actions et ne rencontrer cependant que des échecs. Un autre homme peut avoir une conduite inverse et réussir en chaque circonstance. Cela ne veut pas dire que la force de volonté était présente en l’un et non chez l’autre. 1

Voilà presque un dialogue que j’aurais pu avoir avec ce bon vieux Ramalec il y a quelques temps.

Le temps a passé depuis. Je continue à cheminer. Alors de nouvelles questions se font jour au fur et à mesure de mon avancée. Ce n’est pas que je sois arrivé quelque part, ou que j’ai atteint quoi que ce soit, mais je continue d’avancer. Certains le remarquent bien évidemment. Alors ceux qui marchent juste derrière, ou ceux qui sont partis après moi, ou ceux qui prennent leur temps pour mieux profiter du voyage, se tournent de plus en plus vers moi. Aucune notion de hiérarchie là-dedans, juste un question de place, à un moment. C’est comme avec les enfants. Je ne vaux surtout pas mieux que mes enfants, mais les quelques années d’expérience qui nous séparent, me permettent tout juste d’essayer de faire de mon mieux pour leur apporter les rudiments de la vie dans une éducation qui je l’espère leur permettra de se révéler.

On vient à moi. On me demande soins et conseils. Une personne m’a même demandé si elle pouvait devenir ma «Padawan2 ». Je ne savais pas alors qu’en sanskrit, padavyā signifie aller dans les pas ou les traces de… et padavyāṃ nidhā signifie soit s’engager dans la voie, soit se confier au guide. J’ai accepté en souriant. Je ne savais pas alors quelle responsabilité je prenais ! Je n’avais pas encore pris la mesure de ce que le pouvoir donne comme responsabilité !

Pourtant je savais que la notion de pouvoir et d’acquisition de pouvoir est au coeur de la démarche chamanique, et qu’elle est tellement décriée dans l’Inde et le Yoga ? Je ne suis pas sûr que ces deux grandes traditions parlent de la même chose, quand elles font référence à ce qui se cache derrière la notion de « pouvoir » ?

D’abord peut-être le mot, la langue est elle trompeuse. Il me semble qu’en France le mot pouvoir en Chamanisme fait souvent référence aux Amérindiens, et nous vient indirectement du terme anglais « power »que l’on aurait pu traduire aussi par « puissance », « faculté » ou « énergie ». Ce qui change déjà beaucoup de chose.

Au travers de mes pratiques, les rituels et cérémonies auxquels j’ai participé et les initiations que j’ai traversées, j’ai effectivement acquis une certaine forme de « Pouvoir ».

Un pouvoir sur moi-même tout d’abord ; Le pouvoir de l’intention qui est peut-être à mettre en lien avec la capacité de concentration (dhāranā) ou avec la force d’âme acquise par l’ascèse, la chaleur, l’ardeur (tapas). Peut être à mettre en relation avec la vision du « guerrier impeccable » si chère à Carlos Castaneda.

Le guerrier n’apprend pas le Chamanisme avec le temps; il apprend plutôt à accumuler de l’énergie avec le temps. Cette énergie lui permettra de manier des champs énergétiques qui lui sont d’ordinaire inaccessibles. Le Chamanisme est un état de conscience, la faculté d’utiliser des champs énergétiques qui ne sont pas utilisés dans la perception du monde de la vie quotidienne que nous connaissons.

Le pouvoir personnel est une sensation. Comme la sensation d’avoir de la chance. On peut aussi dire que c’est une disposition. Le pouvoir personnel est quelque chose qui s’acquiert tout au long de la vie.

Quand un guerrier a acquis la patience, il est sur la voie de la volonté. Il sait comment attendre. Sa mort est avec lui assise sur sa natte. Ils deviennent amis. Sa mort lui conseille par des voies mystérieuses comment choisir, comment vivre de manière stratégique. Et le guerrier attend ! Je pourrais dire que le guerrier apprend sans se presser parce qu’il sait qu’il attend sa volonté. Et un beau jour, il accomplit un acte pratiquement impossible à accomplir ordinairement. Il se peut qu’il ne se rende pas lui-même compte de son extraordinaire exploit. Mais comme il continue d’accomplir des actes impossibles, ou comme des choses impossibles continuent à lui arriver, il finit par prendre conscience qu’une sorte de pouvoir qui sort de son corps au fur et à mesure qu’il s’avance sur le chemin de la connaissance. Au début, c’est comme une démangeaison au ventre, ou un point chaud, qui ne peut pas être soigné ; puis il éprouve une douleur, un grand malaise. Parfois la douleur et le malaise sont tels que le guerrier est pris de convulsions qui peuvent durer des mois. Plus les convulsions sont sévères, mieux cela vaut. Un excellent pouvoir s’annonce par de grandes souffrances.

« Quand les convulsions cessent, le guerrier remarque qu’il a des sensations bizarres par rapport aux choses. Il remarque qu’il peut maintenant toucher tout ce qu’il veut avec une sensation qui sort juste au-dessus ou juste en dessous de son nombril. Cette sensation c’est la volonté, et quand il devient capable de s’en servir pour attraper les choses, on peut vraiment dire que le guerrier est un sorcier, et qu’il a acquis la volonté. »

Peut être à mettre aussi en lien avec les 4 accords Toltèques3 qui ont aussi beaucoup marqué les esprits et se résument à :

* Que votre parole soit impeccable ; Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez vraiment. N’utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire d’autrui. Utilisez la puissance de la parole dans le sens de la vérité et de l’amour.

* Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle ; Vous n’êtes pas la cause des actes d’autrui. Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité, de leur rêve. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles.

* Ne faites pas de suppositions ; Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames.

* Faites toujours de votre mieux ; Votre « mieux » change d’instant en instant. Quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d’avoir des regrets.

Ce travail est sans fin. Il est nécessaire. Le Chamanisme nous y prépare et nous y accompagne.

Alors apparaît une autre forme de pouvoir : le pouvoir que l’on acquiert sur les autres ; Et c’est peut-être là que commence le piège. On attribue au Chaman (comme aux Yogis) des capacités incroyables. Certaines peuvent être vraies, d’autres ne sont que le fruit de la projection. Et quand en plus, on est issu d’une lignée de forgerons, évidemment les pouvoirs ne sont jamais loin.

Ensuite, il touche le feu avec la langue. …/… Dans de telles épreuves, on reconnaît facilement les exhibitions chamaniques : comme les forgerons, les Chamans sont des « maîtres du feu », mais leurs pouvoirs magiques sont sensiblement supérieurs …/…

Leur « pouvoir sur le feu » et surtout la magie des métaux, ont valu partout aux forgerons la réputation de redoutables sorciers, d’où l’attitude ambivalente dont il sont l’objet : ils sont méprisés et vénérés à la fois.4

D’abord il me paraît important de me souvenir que Chaman ne veut pas dire grand maître éveillé. Il y a bien quelques Chamans qui sans nul doute sont, ou ont été, des grands maître éveillés. Mais le plus grand nombre, comme les Yogis ou les médecins, les boulangers, ne sont que des humains somme toute assez ordinaires qui ont développés une sensibilité particulière et se sont formés et entraînés pendant des années, comme tout bon professionnel, pour pouvoir remplir leur fonction (de façon impeccable). Ils n’en restent donc pas moins humains. Alors, oui certains Chamans ou Yogis ont chuté devant les différentes formes qu’a pris le pouvoir pour eux (argent, sexe, célébrité, …). Mais même si je me targue aujourd’hui de ne pas avoir chuté à ce niveau-là, les risques d’abuser de mon pouvoir avec les autres sont là en permanence, et les formes que revêt le pouvoir pour devenir abusif sont de plus en plus insidieuses, les tentations de plus en plus masquées.

Le pouvoir de guérison par exemple n’en finit pas de me poser des questions sur ma place, mes véritables capacités, la justesse de mon interventionnisme, les attentes et projections que cela suscitent, mes droits et mes devoirs.

Alors vient le troisième pouvoir ; le pouvoir magique. Source de toute les affabulations et toutes les projections. Le Yoga est clair sur ce point :

les siddhi qui sont des perfections acquises par le mental, les sens ou le corps en général.

Bien sûr, il faut disposer pleinement de ces siddhi pour que l’obstacle soit reconnu et dépassé ; le Yogin doit nécessairement les acquérir complètement : il ne s’agit pas de les éviter au prétexte qu’elles se révéleront des obstacles. C’est la raison de leur enseignement par Patanjali. Mais comme on le verra sous III.51, le Yogin ne doit pas les utiliser. 5

Autrement dit : très peu réussissaient à dépasser la condition du siddha, la condition du « magicien » ou du « dieu ». Autrement dit : très peu nombreux étaient ceux qui réussissaient à surmonter la deuxième tentation, celle de s’installer dans une « condition divine ».6

En effet, il existe « des forces et des êtres qui ont intérêt à maintenir les faussetés qu’ils ont créées dans le monde de l’ignorance et à les mettre en avant comme la vérité que doivent suivre les hommes ». Souvent « ces êtres offrent (au chercheur) des pouvoirs et des expériences occultes uniquement pour pouvoir l’éloigner de la vie spirituelle, ou bien pour établir leur propre autorité sur lui, ou encore pour prendre possession de lui pour leurs propres fins… C’est un des principaux dangers de la vie spirituelle ». 7

Le Chamanisme n’en est pas moins clair ! Et si certains n’ont retenu de Castaneda que la quête de pouvoir et l’usage immodéré des plantes, d’autres se souviennent de ;

La recherche du pouvoir personnel n’est qu’un crochet, un tour que le « Pouvoir » utilise afin ‘d’attraper’ et enseigner à celui qui n’entend pas quand il est informé au sujet de l’Amour… et de la Tendresse…

Il y a la loi suivante: le Pouvoir n’appartient à personne, seulement, vous pouvez appartenir au Pouvoir.

Le Pouvoir est juste, et c’est le Pouvoir de l’Amour.

Quand vous gagnez la Liberté, vous fusionnez simplement avec Elle en Un… Vos désirs et les désirs du Pouvoir deviennent les mêmes; votre choix et le choix du Pouvoir deviennent identiques…

Celui, qui essaie… de ‘contrôler’ le Pouvoir, chute dans son voyage. Le Pouvoir l’attrape par ce désir, et il devient Son outil, même sans le savoir. Il vit comme un aveugle, frappé par le sentiment de la suffisance, et il peut ne jamais retrouver la vue.

Et le processus d’accroissement du pouvoir brut peut devenir irréversible comme le processus d’un cancer…

“… D’autre part, la capacité de rire de ses propres vices tournant cela à la dérision est la première étape à la vraie fusion avec le Pouvoir!

J’ai retrouvé cela maintes fois avec les nombreux Chamans que j’ai rencontrés. Si certains sont encore dans les luttes de pouvoirs, les plus véritablement grands (et donc pas forcément les plus visibles et les plus connus !) sont souvent empreints de cette sagesse marquée du coin d’un œil rieur et aimant.

Chez Don Miguel Ruiz également on retrouve cette idée que si notre premier travail est d’avoir une intention impeccable : pratique, rituel, intention. Alors et alors seulement peut se produire ce qui donne véritablement tout son sens à tant d’efforts. Ce n’est pas que le Grand Esprit va répondre par des miracles à toutes mes requêtes comme à un gamin capricieux à qui ont donne ce qu’il demande pour avoir la paix. C’est qu’à un moment mon intention, l’intention de ma petite personne, s’efface, ou fusionne avec l’Intention de l’Univers. Alors au delà de mon intention, il y à « Intentio », l’Intention de l’Univers (avec une majuscule et à prononcer avec un fort accent espagnol !)

Et si c’est encore une fois en Chamanisme que je me frotte le plus concrètement à ces questions, c’est encore une fois en Inde que je trouve les écrits qui viennent compléter les dires de mes maîtres-Chamans.

Yatrakâmavasâyitva : le pouvoir de déterminer les choses selon son désir (et bien qu’ayant ce pouvoir, le Yogin ne renverse pas l’ordre du cosmos, car sa volonté coïncide avec celle du Siddha primordial, Ishvara).8

Quelqu’un avait demandé si la maîtrise des circonstances dépendait de la maîtrise de soi …/… Pour dire la vérité, cette question me paraît stupide parce qu’on ne peut avoir la maîtrise des circonstances que si l’on devient le Suprême – parce que c’est seulement le Suprême qui a la maîtrise des circonstances. Par conséquent la question n’a pas de sens.

Si vous vous identifiez au Suprême et qu’il n’y ait qu’UNE volonté – la Sienne -, alors naturellement vous avez la maîtrise suprême. Autrement, tout cela, ce n’est rien, que des illusions. C’est le Suprême qui vous utilise – vous vous imaginez que, parce que vous voulez telle chose, cela changera les circonstances, mais il faut être encore dans une ignorance totale pour croire que c’est parce que VOUS le voulez que ça change. Par conséquent vous n’avez aucune maîtrise, du tout ; vous n’êtes qu’un instrument dont se sert le Suprême, c’est tout.


Alors toutes ces choses-là, pour moi, ça me paraît tout à fait enfantin, tout à fait enfantin, du bavardage d’à côté – on est au dehors du jardin et puis on raconte ce qui est dedans. Alors il vaut mieux me supprimer toute l’affaire.9

Le but du Yoga est de pénétrer dans la Présence et Conscience divine et d’être possédé par elle, d’aimer le Divin pour le seul amour du Divin, d’être accordé dans notre nature à la nature du Divin, et d’être dans notre volonté, nos œuvres et notre vie l’instrument du Divin. Son but n’est pas de devenir un grand Yogin ou un surhomme (bien que cela puisse arriver), ni d’empoigner le Divin au profit de la puissance de l’égo, de son orgueil ou de son plaisir. Il n’a pas pour but moksha, bien que par lui la libération vienne, et que tout le reste puisse venir aussi, mais ce n’est pas à cela que nous devons viser. Le Divin seul est notre but.10

Et les livres, les romans, les intrigues, jusqu’au Seigneur des Anneaux, sont pleins de ces questions purement humaines, que doivent traverser ceux qui acquièrent véritablement du pouvoir.

Je n’ai pas de réponse. Juste ma vigilance.

Pour changer cette pierre en joyau, il te faut changer son vrai nom. Et pour cela, mon fils, même s’il s’agit d’un fragment du monde aussi insignifiant, il te faudrait changer le monde. On peut le faire. Assurément, on peut le faire. C’est l’art du Maître Changeur, et tu l’apprendras lorsque le moment sera venu pour toi de l’apprendre. Mais tu ne dois rien changer, pas même un galet ou un grain de sable, avant de savoir quel Bien et quel Mal vont résulter de ton acte. Le monde est dans ce qu’on appelle l’Equilibre, et le pouvoir de Changement et d’Appel d’un sorcier peut perturber l’équilibre du monde.

C’est un pouvoir dangereux, plein de périls. Il doit procéder de la connaissance, et servir le besoin.

Allumer une bougie, c’est projeter une ombre… 11

1L’enseignement de Ramana Maharshi. Spiritualités vivantes. Albin Michel. P 609.

2Allusion faite aux disciples des « Jedis », ces personnages de fiction de la saga Star Wars imaginés par George Lucas. Ce sont des guerriers-philosophes œuvrant pour le maintien de la paix. Ils sont dotés de pouvoirs surnaturels.

3Les quatre accords toltèques – Don Miguel Ruiz

4Mircea Eliade – Le Chamanisme et les techniques archaïques de l’extase – Bibliothèque historique Payot – p367 Chamans et Forgerons

5Le Yoga-sûtra de Patanjali. Le yoga-bhâshya de Vyâsa. Michel Angot. Collection Indika. Les belles lettres. Commentaire 1565 p538 sur III.37

6Patanjali et le Yoga. Mircea Elidae. Sagesses. Points. p88

7La pratique du Yoga intégral. Shrî Aurobindo. P ???? . Spiritualités vivantes. Albin Michel

8Hata-Yoga-Pradîpika – Introduction, traduction et commentaires de Tara Michaël – Fayard – à propose du sutra III.8 p167

9L’Agenda de Mère, Tome 2. 1961. Institut de recherches évolutives. p236

10La pratique du Yoga intégral. Shrî Aurobindo. I.A.2 p57. Spiritualités vivantes. Albin Michel

11Le Cycle de Terremer – Ursula K. Le Guin.


Ce Chapitre est extrait du livre:
CHAMANISME, chemin d’extase.
YOGA, chemin d’enstase