Médecine du Coyote, Héyoka, Transe chamanique
Le chamanisme n’est pas qu’un chemin lumineux : il inclut aussi le chaos, la surprise et les tempêtes. La médecine du coyote (et du renard) enseigne l’accueil de toutes les énergies. Trois pratiques concrètes — être acteur de sa vie, se laisser inspirer, rire de soi — permettent d’incarner cette voie complète au quotidien.
Le chamanisme : un chemin qui accueille tout
On pourrait croire le chamanisme réservé aux expériences lumineuses, aux visions extatiques et aux mondes subtils. Eric Marchal rappelle une vérité essentielle : la voie chamanique inclut aussi la nuit, les tempêtes, les coups durs. Le beau n’est que la première moitié du chemin. La seconde moitié, c’est l’accueil de ce qui dérange, de ce qui chaosse, de ce qui résiste.
- Le chamanisme n’est pas un dogme : ne pas le croire comme ça, ne pas se prendre au sérieux
- La médecine du coyote (et du coquin de renard) amène les accidents, la surprise, la démesure
- Le Yoka (clown sacré, Heyoka chez les Lakotas) est gardien du rire et de l’humilité
- Toutes les énergies comptent : des chakras du bas (sexuel, émotionnel) au cœur et à la conscience
- La grâce et le chaos sont les deux faces d’une même voie
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et la magie du Heyoka dans les Wilds Weremony (Ensauvagement et émerveillement)
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Trois pratiques chamaniques pour le quotidien
Devenir acteur de sa vie
Eric distingue le comédien (qui joue la comédie) de l’acteur (qui pose un acte en conscience). Dans les jours qui suivent, il propose d’incarner un personnage : le temps d’une scène, endosser un rôle pleinement, en sachant qu’on n’est pas que ça. Jouer son rôle de père, de compagnon, de chaman ou d’ingénieur en y mettant le meilleur, sans s’identifier totalement au rôle. De cette distance naît le témoin, celui qui observe et reste libre.
Se laisser inspirer
Deuxième invitation : devenir creux. Se poser, se vider, et laisser quelque chose traverser. L’artiste premier ne signe pas ses œuvres — l’important est que la représentation du Bouddha soit efficiente, que la sculpture du Christ active la compassion. Eric propose un temps sans jugement : prendre une feuille, laisser la main dessiner, laisser la musique ou le corps guider. Retrouver la spontanéité de l’enfant, comme Picasso qui a mis toute sa vie à dessiner comme un enfant.
Rire de soi : la pratique du Yoka
La troisième pratique est la plus déstabilisante : se laisser tomber, trébucher volontairement, accepter d’être ridicule. Eric raconte un fou rire libérateur dans un musée : après avoir trébuché dans les escaliers, toute la salle a ri et lui a ressenti une immense liberté. La proposition : une fois l’ego suffisamment construit (pas avant), oser le geste qui brise l’image, qui libère du regard des autres.
Repères et Transcription des vidéos
[01:38] – Eric interpelle : on a peut-être dit beaucoup de beau sur le chamanisme, et tout est vrai. Mais ce n’est que la première moitié. La seconde moitié inclut la nuit, les tempêtes, le chaos.
[02:52] – Le coyote arrive et amène les accidents, la surprise, la démesure. Sa médecine : inclure le désordre pour rendre la voie vivante.
[03:56] – Eric parle du compagnonnage chamanique. Ce n’est pas qu’une formation : c’est quelque chose de vivant qui inclut les énergies bizarres, les tripes, le rez-de-chaussée de l’être.
[05:35] – Toutes les énergies sont nécessaires : chakras du bas, émotions, cœur, conscience. Sans rez-de-chaussée, rien ne tient.
[06:51] – La grâce n’est pas réservée aux moments lumineux. Le syndrome de Stendhal tombe sur vous à Florence. Le chamanisme mène à la grâce, mais aussi à l’accueil de l’autre côté.
[08:06] – La médecine du coyote : rien ne marche comme prévu, tout marche autrement. Le coyote tombe toujours sur ses pieds. Et le Yoka (Heyoka / clown sacré) garde le rire au cœur du chemin.
[10:44] – Merci au Yoka, aux artistes qui rendent grâce à la vie et partagent l’invisible avec leur tribu. Jusqu’où élargir la conscience pour accueillir toujours plus vaste ?
[00:53] – Un temple en Inde où l’on ne balaye jamais : on rend grâce aussi à la saleté. Tout est sacré.
[01:50] – Première pratique : devenir acteur. Poser un acte en conscience dans l’espace sacré de ta vie. Jouer tes rôles pleinement en sachant que tu n’es pas que ça.
[03:40] – Deuxième pratique : devenir creux. Se laisser inspirer comme les artistes premiers. Un temps sans jugement, une feuille, une chanson. Retrouver la spontanéité de l’enfant.
[06:57] – Troisième pratique : le Yoka. Trébucher volontairement, accepter le ridicule. Eric raconte le fou rire libérateur au musée. Quand on a construit son ego, oser le briser pour se libérer du regard des autres.
Questions Fréquentes
Qu’est-ce que la médecine du coyote en chamanisme ?
La médecine du coyote est l’archétype du trickster, du facétieux qui bouscule les certitudes. Dans le chamanisme, le coyote amène les accidents, la surprise, la démesure et le désordre. Son enseignement est d’inclure le chaos dans la voie spirituelle, de ne pas se prendre au sérieux, et de rire même quand rien ne se passe comme prévu. C’est la moitié complémentaire du chemin lumineux.
Comment pratiquer le chamanisme au quotidien sans cérémonie ?
Eric Marchal propose trois pratiques accessibles à tous : incarner pleinement ses rôles (acteur) en gardant la conscience de ne pas s’y réduire ; prendre un temps pour se laisser traverser par l’inspiration (devenir creux) sans jugement ; et oser le geste qui brise l’image de soi (Yoka) pour se libérer du regard des autres. Ces pratiques n’exigent ni tambour ni cérémonie.
Qu’est-ce que le Yoka (ou Heyoka) en chamanisme ?
Le Heyoka chez les Lakotas, est le clown sacré, le Joker, le mat, le fou du roi, le trickster . Sa fonction sociale est de briser les egos, les dogmes et les rigidités par le rire et l’absurde. Il rappelle que la voie spirituelle ne doit pas devenir prisonnière du sérieux. Eric Marchal le relie au Fou du tarot et au Joker : celui qui gratte là où ça démange, qui libère par le rire.